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Les Notes Intelligentes

🗒 Étude : le Conformisme

Est-il bon de se retrouver dans le confort et la complaisance ? Faut-il s’oublier pour adhĂ©rer au groupe et sauvegarder son bien-ĂŞtre ?

Aujourd’hui j’aimerais vous parler du Conformisme. C’est un concept qui, pour moi, est un rĂ©el frein dans l’Ă©volution positive et durable de notre civilisation. Nous allons Ă©tudier ensemble les divers points de vue qui composent le Conformisme dans notre sociĂ©tĂ© : en sciences humaines, en Ă©conomie et en philosophie.

Qu’est-ce que le Conformisme ?

La définition officielle

Conformisme – nom masculin : “Fait de se conformer aux normes, aux usages (traditionalisme).” ; “Attitude passive qui en rĂ©sulte (s’oppose Ă  non-conformisme).”

LeRobert

Le Conformisme est un un sujet complexe, premièrement apparu au 17e siècle, et profondĂ©ment Ă©tudiĂ© en psychologie et en sciences sociales. Le conformisme fut un titre attribuĂ© aux citoyens pratiquants la religion officielle du pays. Aujourd’hui, c’est une attitude humaine qui est en accord avec ce qui est attendu d’un individu ou d’un groupe dans une situation donnĂ©e. Le fond reste le mĂŞme bien que ces spĂ©cifications (la religion Ă  une Ă©poque) ont disparu. Ce qui rend l’adjectif “conformiste” Ă  la fois très large et très Ă©troit.

La croyance populaire

Le mot “conformiste” est plutĂ´t pĂ©joratif. Il induit un manque de caractère et une passivitĂ© face Ă  une situation ou des actions menĂ©es. Le conformisme est souvent reliĂ© Ă  l’image du “mouton” et est largement exploitĂ©e en politique pour influencer et orienter les opinions. Vu que ce qui nous rend “conforme” ou ‘inconforme” n’est plus spĂ©cifiĂ©, cette injure peut rapidement devenir une manipulation :

“Que tu peux ĂŞtre naĂŻf-ve ! La politique de droite/de gauche/du centre/du haut/du bas fait de toi un mouton ! Regarde plutĂ´t le programme de gauche/de droite/du bas/du haut/du centre.”

[conformisme politique liĂ© Ă  une volontĂ© d’influence]

“Mais qu’est-ce que tu fais avec ton tote bag en lin/ta mallette en cuir et tes sandales/ton costume, tu te prend pour un bobo/business man ou quoi ? Remet ton costume/ton châle.”

[conformisme social caricatural liĂ© Ă  un besoin d’homogĂ©nĂ©isation]

“Tu ne peux pas vendre cela comme ça ! Les gens ne voudrons jamais faire ceci.”

[conformisme professionnel lié à une peur du changement]

Bien Ă©videmment, chaque mouvement de foule entraĂ®ne ses “anti”, des personnages anti-conformistes qui ne supportent pas de disparaĂ®tre dans la collectivitĂ©. Le combat pour l’individualitĂ© rĂ©side alors dans une volontĂ© de prise de conscience gĂ©nĂ©rale, douce ou forcĂ©e, de ne plus suivre, ni les règles, ni les normes, ni les dikats, ni les autres :

“Ah tu as achetĂ© l’iPhone/la tĂ©lĂ© 4k/cette marque que l’on voit partout. Tu consommes comme tout le monde, tu finis par devenir comme tout le monde !”

[anticonformisme identitaire lié à une volonté de rebellion]

“ArrĂŞte de vouloir maigrir/grossir/blanchir/bronzer parce que tu vois toutes ces filles pulpeuses/minces/noires/blanches sur instagram ou dans les magazines !”

[anticonformisme social lié à une acceptation de sa propre apparence]

“Il faut tout casser pour se faire entendre, alors faisons-le ! Peu importe les lois et tant pis pour ceux qui ne nous suivent pas, ce sont des traĂ®tres !”

[anticonformiste économique lié à un égocentrisme et une vision basse et étroite]

Comment interpréter le Conformisme ?

Le point de vue scientifique

La science, notamment sociale et la psychologie ont mis en Ă©vidence plusieurs type de conformisme. Ils rĂ©sultent de diverses faiblesses, envies et besoins qu’ils peuvent rĂ©soudre. Le fait de ne pas dĂ©vier d’une norme admise (dans une majoritĂ© comme la sociĂ©tĂ©, ou dans une minoritĂ© comme dans une communautĂ© privĂ©e) implique de ne pas prendre de libertĂ© ou de courant qui ne vont pas dans le mĂŞme sens que cette norme. Le conformiste n’agit pas diffĂ©remment de ce qui est attendu de lui socialement.

Le conformisme est bien plus rĂ©pandu dans les sociĂ©tĂ© collectivistes (comme l’Europe ou les AmĂ©riques) que dans les sociĂ©tĂ©s individualistes (comme les Inuits). Son application renforce la cohĂ©sion sociale par la rĂ©gularisation des mĹ“urs, des mentalitĂ©s et des comportements. Ces derniers peuvent ĂŞtre bĂ©nĂ©fiques pour les individus (système judiciaire) ou calamiteux (insatisfaction des besoins profonds humains, accaparement de libertĂ©s). Le conformisme est donc construit sur une base de bien-ĂŞtre collectif via l’instauration de règles, de lois, de justice et de normes de bonnes conduites en groupe. Reste Ă  savoir quelles sont elles et si elles ne servent pas des intĂ©rĂŞts plus malĂ©fiques.

Solomon Asch, psychologue du 20e siècle pionnier de la psychologie cognitive sociale, a rĂ©alisĂ© la plus grande expĂ©rience sur le conformisme en 1956. Cette cĂ©lèbre expĂ©rience consiste Ă  introduire un sujet, appelĂ© “naĂŻf” dans un “prĂ©tendu test de vision” oĂą tout les autres participants sont des complices de la supercherie. Chaque individu devra alors rĂ©pondre Ă  une question simple sur le visuel suivant :

“Quelle est la ligne, A, B ou C du plan de droite qui correspond Ă  la longueur de la ligne du plan de gauche ?”

La rĂ©ponse est Ă©vidente, mais le sujet “naĂŻf” devra rĂ©pondre en avant-dernier. Tout les complices donnent une mauvaise rĂ©ponse commune d’un air ferme et sĂ»r. Lorsque c’est au tour du “naĂŻf” de rĂ©pondre, dans 37% des cas, il alignera sa rĂ©ponse sur celle de ses comparses. Bien que fausse.

NommĂ©e l’expĂ©rience de Asch, elle explique que le comportement conformiste est un mĂ©canisme d’Ă©vitement du conflit contre une majoritĂ©. L’individu se perçoit comme une minoritĂ© face Ă  la masse adversaire, il tend Ă  considĂ©rer le rejet comme Ă©vident et facile. Il se conforme ou fait semblant de se conformer aux idĂ©es de cette masse pour Ă©viter la douleur du rejet, conclu comme un suicide par le système limbique.

Pour Asch, le conformisme correspond Ă  un suivisme, dans lequel le sujet qui se conforme n’adhère pas aux opinions de la majoritĂ© [mais les suis tout de mĂŞme].

Wikipédia

En 1958, c’est Herbert C. Kelman, professeur en Éthique Sociale, qui dĂ©montre le “jeu du conformisme” Ă  travers la relation qu’entretiennent la minoritĂ© et la majoritĂ©. Il dĂ©fini alors 3 types de conformisme :

  • Le conformisme par complaisance : liĂ© Ă  la relation de pouvoir oĂą il est prĂ©fĂ©rable pour l’individu de se conformer, afin de se prĂ©server face au groupe. “Dans ce cas de figure, les croyances du sujet ne sont pas atteintes. Il s’agit d’une influence superficielle. Il souhaite ainsi Ă©viter de se faire remarquer en donnant une rĂ©ponse qui va Ă  l’encontre de l’avis gĂ©nĂ©ral.” – WikipĂ©dia
  • Le conformisme par identification : liĂ© Ă  un besoin d’appartenance et d’affection du groupe, et ainsi, Ă©viter le rejet douloureux et la solitude. “Dans le cas prĂ©sent, le conformisme dĂ©coule du dĂ©sir de l’individu Ă  vouloir entretenir des relations positives avec le groupe. L’individu veut se faire accepter. Le changement est plus durable et s’exprime mĂŞme en dehors du groupe.” – WikipĂ©dia
  • Le conformisme par intĂ©riorisation : liĂ© Ă  une crĂ©dibilisation de cette majoritĂ© qui change et transforme l’individu dans ses propres croyances. “Lorsque la source est hautement crĂ©dibilisĂ©e, le sujet intĂ©riorise le message dans son système de valeur, La source d’influence est considĂ©rĂ©e comme experte. Il s’agit ici d’une totale conversion.” – WikipĂ©dia

Le point de vue spirituel

Ă€ sa naissance, le conformisme Ă©tait tournĂ© vers la religion et la foi, qui se devaient d’ĂŞtre normalisĂ©es et centralisĂ©es. La volontĂ© de se tourner vers un Dieu unique dĂ©montre un besoin d’uniformisation et de simplicitĂ© dans les processus spirituels. Le conforme est donc, en 1800, la “personne qui menait une conduite traditionaliste et qui Ă©tait en accord avec le contexte et le milieu oĂą elle vivait, celui qui professait la religion officielle” comme parfaitement Ă©crit par WikipĂ©dia.

Le groupe serait donc une pression pour faire adhĂ©rer un groupement de valeurs et de principes Ă  autrui, notamment, une minoritĂ©. Cela engendrera notamment les guerres de religions et la conquĂŞte du conformisme religieux dans le monde. Ă€ notre Ă©poque, cela est simplement remplacĂ© par l’Ă©conomie : c’est une conquĂŞte de marques et de consommateurs que l’on doit conformer Ă  un type de consommation linĂ©aire et homogène.

D’un point de vue spirituel, le conformisme est un moyen d’unifier les individus sous un mĂŞme “toit” immatĂ©riel. Cela permet une communion et un rassemblement simplifiĂ©s. D’autre part, socialement, cela “rabaisse” chaque membre Ă  un mĂŞme niveau, notamment par l’instauration d’un uniforme similaire Ă  tous. Le seul moyen de se diffĂ©rencier est alors par les valeurs : la sagesse, l’aura, l’Ă©nergie, le comportement etc.

Quelles incidences d’un individu conformisme ?

Le point de vue sociologique

Le conformiste peut devenir un biais inodore. C’est-Ă -dire que les individus ne sentent mĂŞme plus lorsqu’ils prennent des dĂ©cisions pour se conformer ou non : leur opinion propre est malmenĂ©e voire effacĂ©e. On parle aussi de personnalitĂ©s influençables, qui n’arrivent plus Ă  dĂ©cider par elles-mĂŞmes mais au travers des autres. Ainsi, trois types de rĂ©ponses ont Ă©tĂ© formulĂ©es par les “naĂŻfs” après voir pris connaissance de la supercherie de l’expĂ©rience de Asch :

  • La rĂ©ponse de perception qui a fini par sincèrement faire changer d’avis le sujet qui a rĂ©ellement perçu, finalement, la mauvaise rĂ©ponse comme la bonne.
  • La rĂ©ponse de jugement qui fait douter le sujet de sa rĂ©ponse sans le convaincre, et lui apporte la conclusion suivante “une majoritĂ© aussi unanime ne peut pas se tromper”.
  • La rĂ©ponse d’action qui n’apporte aucuns doutes au sujet quant Ă  son jugement ou sa perception mais relève sa peur du rejet et de l’isolation.

Les “naĂŻfs” ne relèvent mĂŞme pas leurs doutes quant Ă  la bonne rĂ©ponse entre : celle qu’ils perçoivent comme Ă©videntes et celles donnĂ©es par la majoritĂ©. Ils oublient ou dissimulent intĂ©gralement cette incomprĂ©hension qui se transforme alors en frustration profonde. Cette dernière sera alors enfouie et pourra exploser de manière inadĂ©quate ou alors par petits morceaux Ă  propos de sujets Ă©loignĂ©s et impertinents. De toute Ă©vidence, la frustration et les Ă©motions finissent toujours par ressortir quelque part Ă  un moment en fonction de sa nature :

  • La frustration, ou conflit, cognitive via l’influence informationnelle : le conformisme est gĂ©nĂ©rĂ© par la vĂ©racitĂ© prĂ©sumĂ© d’une opinion unanime. C’est-Ă -dire que les individus doutent de leurs propres capacitĂ©s car une large majoritĂ© est en contraction avec eux.
  • La frustration , ou conflit, d’estime personnelle via l’influence normative : le conformisme est gĂ©nĂ©rĂ© par le besoin d’ĂŞtre acceptĂ© dans un groupe pour la satisfaction des besoins d’appartenance et affectifs. En revanche, cela affecte sĂ©rieusement l’estime personnelle qui est broyĂ©e dans cette complaisance et l’oubli de sa propre personne, de son individualitĂ©.

Le point de vue philosophique

RenĂ© Girard, philosophe Français nĂ© Ă  Avignon, dĂ©crit ce phĂ©nomène dans sa thĂ©orie du DĂ©sir MimĂ©tique qui consiste Ă  imiter ses pairs afin d’en ĂŞtre acceptĂ© (Ă  tout prix). Cet Ă©tat Ă©tait dĂ©jĂ  connu du philosophe antique Aristote. Bien que ce dernier n’ai pas eu connaissances des capacitĂ©s de camouflage, et donc d’imitation, de certains animaux.

« L’homme diffère des autres animaux en ce qu’il est le plus apte Ă  l’imitation. Â»

Aristote

« L’homme dĂ©sire toujours selon le dĂ©sir de l’Autre Â»

René Girard

Cette attitude part du mimĂ©tisme de l’apprentissage chez l’enfant. Ce dernier imite ces parents et son environnement afin de reproduire les mĂŞmes actions et progresser Ă  leur niveau. Ă€ l’âge adulte, l’apprentissage ne porte plus sur une progression “standard” mais sur une Ă©volution individuelle et personnalisĂ©e. Ce que le conformisme enraye.

Cette homogĂ©nĂ©isation (ou Effet de Clustering) pousse alors les individus Ă  interagir seulement, ou de manière prĂ©fĂ©rentielle, avec des membres du groupe qui ont des opinions très similaires aux leurs. Ils ont des contacts plus frĂ©quents avec les membres proches de ces opinions et moins frĂ©quemment avec les membres qui en sont plus Ă©loignĂ©s. De ce fait, le conformisme devient une boucle et un cercle vicieux dans lesquels il est de plus en plus difficile de s’extirper afin de retrouver sa propre conscience.

Dans un dĂ©bat très intĂ©ressant sur le conformisme, datant de 2008, organisĂ© par les CafĂ©s Philo d’HaĂż-les-Roses, il en est ressorti 6 points de vus philosophiques autour du conformisme :

  1. Le conformisme n’est-il qu’une façon d’être bien avec les autres ?
  2. Le conformisme est-il le confort d’une route toute tracée ?
  3. Est-on conformiste par nécessité, voire par modestie ?
  4. Le conformisme n’est-il pas aussi refus, crainte d’assumer une différence ?
  5. L’anticonformiste présente t-il  un danger pour le groupe ?
  6. L’anticonformisme ne serait-il pas lui aussi parfois, une mode ?

Le point de vue Ă©conomique

ForcĂ©ment, toute cette influence a un pouvoir qui peut ĂŞtre utilisĂ© dans le monde commercial et Ă©conomique pur. C’est d’ailleurs le cas avec la montĂ©e de la “Social Proof” et du Marketing d’Influence. Les entreprises cherchent alors Ă  montrer que d’autres sujets sont consommateurs d’un tel produit et puissent influencer d’autres consommateurs Ă  passer Ă  l’acte d’achat par confiance dans une majoritĂ© ou un groupe auquel il adhère (et donc se conforment, au moins, sur certains points).

L’expĂ©rience de Asch a aussi cherchĂ© Ă  dĂ©montrer le nombre suffisant reprĂ©sentant une majoritĂ© influençante. Il en est ressorti que :

  • Un deuxième sujet “naĂŻf” divisait par 3 le taux d’erreur (donc la rĂ©ponse conformiste)
  • En dessous de 3 individus, un groupe n’a que peu d’influence pour un seul “naĂŻf”
  • Au dessus de 4 individus, un groupe possède une influence grandissante pour un seul “naĂŻf”

Cette expĂ©rience a donc dĂ©montrĂ© que le groupe a le pouvoir de nous faire choisir la mauvaise rĂ©ponse, mĂŞme lorsque cela est Ă©vident. C’est le principe de Social proof ou Preuve Sociale dans l’Ă©laboration d’une stratĂ©gique marketing visant Ă  montrer qu’un nombre largement suffisant d’individus ont achetĂ© le produit ou service en question et en sont satisfaits.

“Si une si large majoritĂ© de personnes utilise ce produit/service, c’est qu’il doit vraiment ĂŞtre bien ! Je suis en confiance alors je me permet de dĂ©penser mon argent dans celui-ci sans mĂŞme l’avoir testĂ©.”

Conformisme de confiance ou test par procuration (d’une majoritĂ©)

D’ailleurs, la publicitĂ© utilise constamment l’influence du groupe, via des tĂ©moignages, des avis, des commentaires, mais aussi des labels et des “mascottes”. Ces dernières reprĂ©sentant des animaux, des personnages fictifs ou des vedettes symboliques. Son but est de rĂ©soudre le problème de l’incertitude face Ă  un multiple choix par le dĂ©sir-mimĂ©tisme, soit, imiter la majoritĂ©. par complaisance et par confort. Cela est aussi transmis par les rĂ©seaux sociaux, paradoxe de la crĂ©ativitĂ© et du conformisme Ă  la fois :

  • Les mentions “J’aime” et les “Likes” sont un outil de Social Proof par les entreprises pour montrer qu’une minoritĂ© proche ou qu’une majoritĂ© les suit et leur fait confiance. Ces mentions de preuve sociale comptabilise, pour cela, le nombre total de mentions (majoritĂ© vĂ©ridique) et celles de nos proches (minoritĂ© affective).
  • L’utilisation de personnages (fictifs ou rĂ©els) auxquels nous pouvons nous identifier. Ainsi ses actions dans une publicitĂ©, annoncĂ©e ou dissimulĂ©e (comme du placement de produit) influencent notre comportement car nous nous voyons dans ces stars, ces idoles, ces influenceurs, ces champions ou ces experts.

ConsĂ©quences du conformisme sur l’individu

Socialement

L’Ă©quilibre entre conformisme et anticonformisme est lourd. Il suggère de choisir entre son besoin d’appartenance (affectif) et son besoin d’estime (fiertĂ© et confiance en soi). C’est pour cela qu’il est si dur d’ĂŞtre rĂ©ellement soi-mĂŞme et que nous laissons les objets, les titres et les mentions se charger de faire de nous une version acceptable par les autres, par exemple :

  • Porter obligatoirement un costume en tant que gestionnaire, commercial ou directeur.
  • Devoir adopter une attitude trop joviale en tant que vendeuse ou très austère et stricte dans le secteur du luxe.
  • Suivre la mode pour montrer son adaptabilitĂ© et son modernisme
  • Afficher l’intitulĂ© “CEO” plutĂ´t que “Dirigeant” pour montrer la puissance de son entreprise
  • Suivre les diktats de la beautĂ© en se mettant au fitness ou au bodybuilding plutĂ´t que suivra sa passion du golf ou du tennis
  • Acheter des produits chers ou d’une marque luxueuse pour le prix et pas pour la qualitĂ©

Cependant, nous avons tous besoin de nous dĂ©marquer de cette masse de plus de 7 milliards (!) d’individus de la mĂŞme espèce. C’est un point essentiel pour augmenter notre sentiment de bien-ĂŞtre personnel, et donc, satisfaire notre besoin d’estime. Le difficile choix entre “Je veux ĂŞtre acceptĂ© et faire parti d’une communautĂ©” et “Je ne suis pas un numĂ©ro” n’est en rĂ©alitĂ© d’un Ă©quilibre individuel qui est dĂ©fini personnellement entre les points similaires que nous souhaitons partager avec autrui, et les points uniques qui ne dĂ©finissent que nous.

Intellectuellement

Il a Ă©tĂ© dĂ©fini qu’une personne conformiste devenait de moins en moins intelligente. Cela se doit d’ĂŞtre spĂ©cifiĂ© car “l’intelligence” est en rĂ©alitĂ© multiple. Elle peut ĂŞtre Ă©motionnelle, crĂ©ative, logique ou encore sociale (mais il en existe bien d’autre). De ce fait nous allons nous baser sur plusieurs notions psychologiques qui dĂ©terminent une baisse de performance cognitive sur ces diffĂ©rents points.

Une interview du Dr.Emile Servan-Schreiber, Docteur en Psychologie Cognitive sur l’intelligence collective met un point sur le conformisme dans un groupe. Ainsi, pour rester “intelligent”, le groupe se doit donc de suivre ces 4 conditions :

  • “Une rĂ©elle diversitĂ© des opinions, donc des modèles cognitifs Ă  l’œuvre. La pensĂ©e unique est l’ennemie de l’intelligence.” La pensĂ©e unique Ă©tant le leitmotiv du conformisme, l’intelligence n’y est donc pas.
  • “Une dĂ©centralisation effective des participants, que chacun soit, si possible, au contact de rĂ©alitĂ©s diffĂ©rentes et complĂ©mentaires.” Une autre composante qui n’est pas possible dans le conformisme.
  • “La possibilitĂ© d’une expression indĂ©pendante, libre, facilitĂ©e. La pression sociale ou hiĂ©rarchique pousse naturellement au conformisme, alors il faut la contrecarrer systĂ©matiquement afin que chacun puisse exprimer sa diffĂ©rence.” Ai-je besoin d’expliquer davantage ?
  • “Un mĂ©canisme de synthèse qui soit parfaitement objectif.” Dont le conformisme inhibe l’objectivitĂ© par le besoin de ressembler et suivre.

L’intelligence collective est ainsi limitĂ©e par des effets de groupe (conformisme, crainte, fermeture, absence de procĂ©dure, homogĂ©nĂ©itĂ© idĂ©ologique), au point que l’individu seul peut parfaitement ĂŞtre plus intelligent que tout un groupe car, il conserve mieux sa pensĂ©e critique seul que sous l’influence du groupe.

Wikipédia

Richard Crutchfield, psychologue expĂ©rimental du 20e siècle, a essayĂ© de dĂ©montrer l’impact intellectuel de la conformitĂ© sur deux type d’individu : des militaires et des hommes d’affaires (non, pas de femmes, nous Ă©tions en 1930). Les rĂ©sultats ont mis en avant le fait que les personnes plus conformistes avaient :

  • Moins de logique (tests typiques de QI)
  • Moins de perspicacitĂ© (capacitĂ© Ă  trouver le(s) lien(s) entre les pensĂ©es et les choses)
  • Moins de crĂ©ativitĂ© (capacitĂ© Ă  inventer et produit quelque chose de nouveau et d’utile)
  • Plus de complexe d’infĂ©rioritĂ© (comportement visant Ă  se minimiser par rapport aux autres)

Que pensez-vous du conformisme ?
Êtes-vous, ou avez-vous été dedans dans certaines situations ?
Cherchez-vous Ă  vous en extraire ou au contraire ?
Quel est votre opinion sur ce sujet ?

Votre opinion m’intĂ©resse, c’est ma peur du conformisme qui me donne cette volontĂ© d’ouvrir le dĂ©bat et d’engager des avis opposĂ©s et des contre-arguments.

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