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Le Journal d'un-e Solopreneur-e

📒 Si je le peux, tout le monde le peut.

Ep#10 | Je suis la personne la plus moyenne de tout les temps.

Enfant juste sage, juste obéissant mais triste comme un lion en cage.

À l’école, aprĂšs avoir exploitĂ© ma curiositĂ© naturelle pour obtenir de bonnes notes et comprendre ce que l’on m’enseignait, je suis rapidement devenue moyenne. Pas mauvaise, ni blasĂ©e ou ennuyĂ©e. Juste moyenne. J’avais des 8 dans les matiĂšres qui demandaient de la concentration et de la rigueur, plutĂŽt des 12 dans les matiĂšres plus artistiques et “subjectives”.

Cette moyennetĂ© s’est aussi rĂ©vĂ©lĂ©e dans mon caractĂšre, ce que j’avais de personnalitĂ©. Je ne disais rien, je n’osais pas penser ni avoir d’avis. J’étais une personne lisse. Tellement que ma professeure principale de 5e Ă©tait persuadĂ©e que j’étais juste une petite connasse insolente. Mais j’étais juste pĂ©trifiĂ©e de devoir parler devant plus de deux personnes, devoir justifier cette timiditĂ© et ce manque de confiance. Points de vue diffĂ©rents, j’imagine.

Je n’avais rien de plus, rien de moins. Pas de QI supĂ©rieur, pas de prĂ©cocitĂ©, ni de difficultĂ©s apparentes. Rien qui pouvait justifier ma moyennetĂ© dans ces normes et ces barĂšmes. J’étais dans la moyenne. J’étais juste “moyenniste”.

Est-ce que vous aussi, vous vous ĂȘtes dĂ©jĂ  rangé — ou fait-e ranger — dans le compartiment indiffĂ©rent de La Moyenne ?

Physiquement, jâ€˜Ă©tais la plus grande de la classe, plus grande que les garçons c’est vrai, mais je n’avais pas un physique ravageur, ni sexuĂ© ni gracieux. Je n’avais pas non plus, un style et des avantages naturels qui auraient pu mettre en valeur mais un visage rectangulaire quelconque, des yeux simplement marrons ou des cheveux chĂątain clairs comme tout le monde.

Je dessinais depuis toute petite, oui, c’est la seule chose qui sortait du lot chez moi jusqu’à l’adolescence. PĂ©riode oĂč, ensuite, d’autres me mettaient une vĂ©ritable rouste tant ils avaient progressĂ© dans ce domaine alors que je stagnais. Comme une personne moyenne. Comme une moyenniste.

PassĂ© de l’indiffĂ©rence vers le “Oh tu as de la chance !”.

Non. La chance n’existe pas, elle se construit ardemment et intelligemment. Et cela s’appelle l’OpportunitĂ©.

Aujourd’hui, je suis quelque chose. Je ne suis plus ce fantĂŽme moyenniste que l’on ignore tellement qu’il n’apporte rien, ni de bon, ni de mauvais. Une dizaine d’annĂ©es aprĂšs mon enfance et adolescence moyenne, ce que je fais est trop “difficile”, trop “complexe”, trop “chiant” pour mon entourage. Ils ne me suivent pas. Je suis une “machine”. Pourtant je vous assure que je ne suis pas devenue Neha Ramu ou soudainement surdouĂ©e. Ce que je fais de si incroyable ne l’est pas pour autant. Mais cela provient d’une force qui forge l’intĂ©rĂȘt, voire mĂȘme du fantasme : la discipline.

Pour premier exemple, je me suis lancĂ©e trĂšs sĂ©rieusement dans le fitness puis le bodybuilding avec une moyenne de 5 Ă  6 sĂ©ances logiquement programmĂ©es par semaine dans un planning ficelĂ© et largement optimisĂ© pour la performance physique. Je ne ratais que trĂšs peu de sĂ©ances et, Ă  cette Ă©poque, je ne connaissais pas la “flemme” ou le “manque de motivation” pour faire du sport. Sorties ou pas sorties, pluie ou soleil, Ă  pied ou en voiture, Ă©tĂ© comme hiver, de jour ou de nuit.

J’étais cette folle qui venais s’entraĂźner tous les soirs de 22h Ă  23h dans une salle ouverte h24 Ă  Aix-en-Provence (qui a ensuite brĂ»lĂ©e, paix Ă  son Ăąme et Ă  la mienne) pour avoir la paix et pouvoir progresser sereinement.

J’étais cette fille qui bossait, et qui bossait Ă  une vitesse folle. Qui ne s’arrĂȘtait pas et qui ne s’en plaignait pas. J’étais celle qui multipliait les projets mais surtout les concrĂ©tisait, qui apprenais, agissait et Ă©voluais, qui mordait la vie Ă  pleines dents. La curieuse qui allait plus loin que ce qu’on lui demandait. MĂȘme si tout cela n’était qu’en coulisses et non officiel.

Si vous parlez de moi Ă  mes ami-e-s actuels, mes anciens camarades d’UniversitĂ© et de Master, ils vous diront que je suis une sorte de machine, trĂšs chanceuse et qui possĂšde des facultĂ©s extraordinaires et mĂȘme des facilitĂ©s.

Si vous parlez de moi Ă  mes anciens de camarade ou mes professeurs de primaire et de collĂšge, ils vous diront que j’était juste une fille passe-partout, “moyenne”, une chĂątain parmi les autres, un corps “normale”, une beautĂ© “normale”, des capacitĂ©s moyennes, un caractĂšre effacĂ©, une participation inexistante ou qu’ils ne se souviennent tout simplement de moi.

Qu’est-ce qui a pu faire la diffĂ©rence alors?

Je vais vous le dire.

1 | Imaginer puis choisir la ligne de son futur.

J’en ai passĂ© des heures Ă  “rĂȘvasser”, Ă  ĂȘtre perchĂ©e dans ma tĂȘte “au-dessus des nuages” comme on a pu me le dire Ă©tant plus grande que mes anciens camarades. MĂȘme que je peux passes des heures dans les toilettes, pour visualiser et imaginer, penser. J’aime bien aller au trĂŽne pour me poser et rĂ©flĂ©chir, du coup, j’y reste parfois longtemps.

Je profite de ce moment parfaitement solitaire, cet instant de pause normalisĂ© pour fermer les yeux et visualiser … Lorsque je sors enfin des toilettes, on a tendance Ă  me dire quelque chose du genre :
“- Eh ben t’en a mis du temps, t’as pas digĂ©rĂ©/t’es tombĂ©e dans le trou ?”
J’aime leur rĂ©pondre :
“- Non. J’Ă©tais en train de crĂ©er un business.”

Nous sommes des personnes moyennes lorsque nous souhaitons tout faire. Car au final, nous ne faisons que du “moyen”. Il est impossible pour le commun des mortels (donc les moyennistes) d’ĂȘtre rĂ©ellement bon de partout. C’est pour cela que nous Ă©voluons actuellement dans un monde de “spĂ©cialistes”, des experts d’un seul sujet qu’ils connaissent sur le bout des doigts. La spĂ©cialisation est attractive car nous sortons de cette moyennetĂ© fade. Et je pense que c’est juste. D’une part, ce que nous appelons les “gĂ©nĂ©ralistes” possĂšdent en rĂ©alitĂ© une spĂ©cialisation dans la stratĂ©gie et la vision globale, d’autre part c’est l’expĂ©rience qui nous rend rĂ©ellement bons et l’expĂ©rience nĂ©cessite du temps.

Et ce temps n’est pas illimitĂ©. C’est pourquoi nous devons faire des choix de vie, de personnalitĂ© et d’actions. Ce sont des sacrifices, certes, mais de basse valeur tant que nous cherchons Ă  Ă©couter nos vrais besoins humains profonds. Pour sortir du moyennisme, j’ai cochĂ© des options et oubliĂ© les autres en parallĂšle. J’ai donc finit par choisir :

  • Ma voie professionnelle
  • Ma reconversion professionnelle
  • Ma monotonie
  • Mes changements
  • Mon ennui
  • Ma folie
  • Ma solitude
  • Mes doutes
  • Mes talents
  • Mes avantages
  • Mes inconvĂ©nients
  • Mes faiblesses
  • Mes forces
  • Ma passion
  • Mes activitĂ©s
  • Mes prioritĂ©s
  • Mon rythme
  • Mes dĂ©goĂ»ts
  • Mes peurs

Vous pensez que l’on ne choisit pas ses forces, ses peurs et ses faiblesses ? Au fond, et Ă  notre Ă©poque, cela est faux : tout ce que nous possĂ©dons peut ĂȘtre changĂ©, amĂ©liorĂ© ou dĂ©truit. Tout cela rĂ©side dans nos actions et/ou nos non-actions. Si je souhaite vaincre une peur, je peux la surmonter (avec sĂ»rement de l’aide externe et avec difficultĂ©). Si je souhaite attĂ©nuer une force, je peux stagner ou m’arrĂȘter. Si je souhaite transformer un inconvĂ©nient en avantage, je peux le travailler et l’expĂ©rimenter (oui, c’est du travail !). Tout est possible — en passant outre des consĂ©quences de ces possibilitĂ©s — c’est pour cela que je parle de choix. Pas de situation. Et c’est lĂ  que le ou la moyenniste peut se sortir de sa prison d’invisibilitĂ©, de son Fatalisme, et devenir quelqu’un.

Mais comment faire pour savoir et dĂ©cider ? Pour faire les bons choix et les bons sacrifices ? Tout simplement grĂące au pouvoir de la visualisation et de l’imagination rĂ©aliste.

La visualisation est la possibilitĂ© de crĂ©er des mondes parallĂšles que nous contrĂŽlons Ă  100%, oĂč nous pouvons tester tout ce dont nous doutons et imaginons.

Chaque soir, pour m’endormir, je me racontais une histoire. MON histoire oĂč j’étais toujours le personnage principal. Je me mettais dans diverses situations rĂ©alistes, positives ou nĂ©gatives, pour imaginer mon comportement, ma situation dans tel ou tel contexte. Imaginer et visualiser c’est pouvoir crĂ©er de toutes piĂšces un futur de plus en plus probable car de plus en plus rĂ©aliste, au fur et Ă  mesure que nous confrontons cette histoire avec la vie rĂ©elle (celle que nous vivons physiquement).

2 | Visualiser puis planifier sa vie de rĂȘve

Nous devenons ce que nous imaginons de nous-mĂȘme.

C’est simple : notre cerveau ne fait aucune diffĂ©rence entre ce que nous vivons rĂ©ellement et ce que nous nous imaginons dans notre tĂȘte. C’est pour cela que certains mauvais rĂȘves continuent de nous tourmenter plusieurs dizaines de minutes — voire heures — aprĂšs avoir, pourtant, repris totalement connaissance.

J’ai arrĂȘtĂ© de me considĂ©rer comme une personne moyenne lorsque j’ai renouĂ© avec mon ego. Vous savez, ce meilleur ennemi et ce pire alliĂ© de notre vie. Il m’a fallu du temps pour m’autoriser Ă  rĂȘver d’un monde parallĂšle oĂč j’étais au-dessus de la moyenne, mĂȘme, oĂč j’étais l’hĂ©ros de ma vie. J’ai osĂ© me voir comme quelqu’un de meilleur, de mieux, d’un peu au-dessus, voire carrĂ©ment au-dessus, comme un fantasme.

Le but n’est pas, uniquement, de se plonger dans un univers parallĂšle et imaginaire. Notre imagination et notre visualisation ne sont qu’un laboratoire de vie et un outil de scĂ©narisation : 

Qu’en serait-il si j’étais X ? ou alors Y ? ou pas ?
Qu’en serait-il si j’avais X ? ou alors Y ? ou pas ?
Qu’en serait-il si je faisais X ? ou alors Y ? ou pas ?
Qu’en serait-il si X revenait ? ou alors Y ? ou pas ?

Ce sont des questions qui peuvent trouver rĂ©ponse dans notre capacitĂ© Ă  crĂ©er des liens entre les informations et reconstituer une expĂ©rience de notre propre point de vue. Elles nous permettent, lors de l’écoute de nos Ă©motions et de notre corps, de nous situer face Ă  tel ou tel contexte et face Ă  telle ou telle option.

Vous pouvez trĂšs bien modifier le monde parallĂšle en incluant un univers ou des donnĂ©es fantastiques, surrĂ©alistes ou surnaturelles. Le plus important rĂ©side dans le rĂ©alisme de votre comportement, et de celui des autres, dans ce monde parallĂšle. Vous ne devez pas vous mentir Ă  vous-mĂȘme ou renier votre caractĂšre sous couvert d’imaginaire ou de “fausse-rĂ©alitĂ©â€. Acceptez vos dĂ©fauts actuels, qui peuvent ĂȘtre des dĂ©fauts anciens dans vitre Moi supĂ©rieure, dans votre monde visualisĂ©.

J’ai dĂ©cidĂ© de tracer et planifier ma vie “toute faite”. Cela peut manquer de spontanĂ©itĂ© et de fun, pourtant,elle n’a jamais Ă©tĂ© aussi amusante et enrichissante © Cyrielle Sixt

Nous définissons notre propre moyenne.

Le problĂšme rĂ©side dans l’intĂ©gration des choix, des sacrifices des autres dans notre propre vie. Le problĂšme c’est de tracer sa vie sur celle des autres. Si nos parents sont des citadins bureaucrates, doit-on nous restreindre Ă  renier notre envie de grands espaces et notre rĂȘve d’Ă©lever des bouquetins en campagne Savoyarde ? Si tous nos amis n’ont pas dĂ©passĂ© le stade des amourettes cul-cul et de la tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ©, devons-nous oublier notre rĂȘve d’obtenir un doctorat ? Et si nos parents sont des scientifiques (de profession ou de “mentalitĂ©”), cela doit-il nous empĂȘcher de construire une carriĂšre musicale ?

Non.

La moyenne d’une personne n’est pas celle d’une autre. Tout comme le niveau d’une Ă©cole d’une ville ou d’un quartier sera diffĂ©rent d’un autre. C’est quoi cette moyenne alors ? Ces normes qui dĂ©finissent le 0, le 20 et le 10 oĂč nous sommes bloquĂ©s ? À force d’ĂȘtre compĂ©titif-ve, nous nous valorisons et nous notons sur les normes d’autrui : comme comparer les talents d’un oiseau Ă  celui d’un poisson. Votre prĂ©fĂ©rence pour l’un ou pour l’autre ne dĂ©pend que de vous.

C’est comme choisir entre deux talents : plutĂŽt pouvoir voler ou respirer et voir sous l’eau ? Si vous ĂȘtes fans de la Petite SirĂšne, peut-ĂȘtre que vous prĂ©fĂ©reriez vivre dans l’ocĂ©an avec Polochon. Si vous adorez les dragons, votre souhait de voler comme eux sera prĂ©dominant. Lequel de ces deux talents est meilleur ? Aucun ou les deux. Vous connaissez la cĂ©lĂšbre citation d’Albert Einstein sur le poisson qui apprend Ă  grimper ? Aller, je vous la remets :

« Si vous jugez un poisson sur ses capacitĂ©s Ă  grimper Ă  un arbre, il passera sa vie Ă  croire qu’il est stupide. Â»

Albert Einstein

Les moyennistes sont les poissons dans une Ă©cole de Grimpe Aux Arbres. Visualisez-vous dans une autre Ă©cole, plusieurs autres Ă©coles, et vous verrez. Tout est simple, la moyenne n’est plus un plafond de bĂ©ton armĂ©, mais de verre, forgĂ© par notre esprit (auto)manipulĂ©.

Happy ending.

Finalement, j’ai rĂ©ussi Ă  devenir quelqu’un. Aujourd’hui je suis une machine, une guerriĂšre, une opiniĂątre, quelques fois une alien ou une bizarrerie sociale. Je suis une bosse, un creux, mais plus jamais quelque chose de plat, de lisse et d’ennuyeux. Ce que l’on ne regarde plus, c’est les cheveux comme tout le monde, la beautĂ© normale : c’est tout le reste, tout ce que j’ai construit, tout ce que j’ai travaillĂ©. Le travail est un idĂ©al et un fantasme que beaucoup envient et pensent ĂȘtre du “talent”. Mais le talent, c’est du bullshit pour moi : ce n’est qu’un travail prĂ©coce et/ou dans l’ombre, qui surprend.

Alors, si je peux, tout le monde le peux.

Ce qui m’a sauvĂ© d’une vie mĂ©diocre c’est d’avoir rĂȘvĂ©. De m’ĂȘtre imaginĂ©e dans diverses situations, contextes. D’avoir Ă©tudiĂ© ce que j’aurais bien aimĂ© faire comme si j’avais actuellement toutes les compĂ©tences. Puis d’avoir compris Ă  26 ans qu’il fallait vivre pour rĂ©aliser ces songes et ces besoins profonds camouflĂ©s.

Mais le plus important c’est de savoir que son Soi d’hier Ă©tait bien plus nul que celui d’aujourd’hui. C’est par la progression constante que nous sortons du moyennisme.

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