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Les Notes Intelligentes

🗒 Fuyez les webmasters.

Ep#13 | Ce n’est pas juste une histoire de nom de métier, c’est tout le mindset qui va avec.

True Story.

Je “récupère” (désolé ce mot n’est pas très empathique) des projets digitaux, des sites webs, du eCommerce de pas mal d’artisans, d’artistes mais aussi d’indépendants en mal de rentabilité. Ce qui rassemble ces clients c’est qu’ils ont tous un “Webmaster”. C’est aussi qu’ils n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs de conversion (appel, formulaire de contact, vente en ligne, précommande, réservation …) avec cet outil dans lequel ils ont investi.

Parce que oui, avoir un site en ligne, ce n’est que 1% du projet de digitalisation. C’est avant, c’est pendant et c’est après (c’est tout le temps et sans date de fin) que le travail s’opère.

Je ne m’entends pas très bien avec ces Webmaster car je reprends tout leur travail et je mets mon nez et mon œil neuf sur leur petit bébé qu’ils ont couvé depuis des mois et des mois sans regards extérieurs. Je comprends que ça puisse faire mal. Je comprends qu’ils aient peur de se faire “faucher” leurs clients. Au fond, ils doivent savoir que leur travail est obsolète s’ils refusent de coopérer avec quelqu’un d’autre. Si leur objectif était réellement de faire développer et d’optimiser leurs clients, ils n’auraient aucun problème à faire rentrer d’autres spécialistes.

Mais la réalité, c’est qu’ils tuent à petit feu la digitalisation de leur client en essayant de gérer à l’ancienne. Comme s’ils pouvaient continuer d’exercer les quelques cinquantaines de métiers qui couvrent aujourd’hui la bonne gestion et création d’un site web performant :

  • Fonctionnalités back-end : développeur back, architecte réseau,
  • Contenus front-end : développer font, UX designer ou eErgonome, UI designer ou webdesigner, rédacteur, copywriter, graphiste, illustrateur …
  • Stratégie : stratégiste en communication, storyteller, eBusiness developer, stratège digital, chef de projet, planneur stratégique, analyste, data scientist …
  • Marketing : gestionnaire eCommerce, référenceur, community manager, product owner, growth hacker …

Dernièrement, j’ai réalisé un Audit Digital du site eCommerce d’un duo d’artisans-ébénistes. Je ne vais pas passer par 4 chemins : leur site est une catastrophe. J’en ai été attristée de voir autant de non-sens. Tellement que j’hésite fortement à vous transmettre l’URL pour le voir de vos propres yeux … D’ailleurs, à la date où vous lirez cet article, il aura (j’espère 🤞) totalement évolué. Et le pire, c’est qu’ils sont passés par un Webmaster eux aussi ! Eh oui, qu’ils ont payé ! C’était trop.

Il faut que j’informe mon petit monde de ces prestataires “Webmaster” qui, inconsciemment, tuent leur business. En 2020, ce n’est plus possible.

Qu’est-ce qu’un Webmaster ?

Un webmaster est un métier apparu pour la première fois, officiellement, en 1987, soit 6 ans après la naissance publique du WorldWideWeb (www). Il consistait à administrer tous les aspects d’un site internet, une sorte de “bâtiment” disponible à une adresse virtuelle (URL) qui permet des interactions (fonctionnalités) sur une interface digitale (webdesign). Il faut savoir que dans les années 90, les sites internet n’offraient que 3% des possibilités que nous connaissons aujourd’hui. Le web était tout d’abord une source d’information Open-Source (contribuable et optimisable par tous et toutes) centralisée et dématérialisée. Ces sites web disponibles étaient alors surtout des sites vitrines statiques (sans gestion de données) informatifs. C’est pour cela que le Webmaster pouvait utiliser un panel de compétences diverses et variées tout en produisant de la qualité. C’est aussi car, à cette époque, il y avait tout à faire sur le Web.

“Il faut se souvenir des premiers métiers dans le digital et l’internet comme un moment où l’on vous demande de faire les choses sans mode d’emploi. […] On a inventé des fonctions, des usages, des métiers. Parfois on s’est planté, et c’est ce qui nous a fait avancer. Le moteur était la curiosité et l’imagination sans limite. Le webmaster de l’époque était déjà un martien et le maillon de départ de toute la chaîne digitale. Quand on voit ce qu’il a créé comme descendance…”

Christophe Dané, président de DigiTall Makers

La plupart des fonctionnalités numériques s’opéraient bien souvent hors-ligne dans des logiciels (softwares) installés directement sur la machine (ordinateur), comme Dreamweaver pour la construction de site. Ce n’est qu’en 2000 que nous avons pu voir émerger les outils de construction de sites web en ligne (comme VoilaMonSite), les forums, les calculateurs en ligne, et bien d’autres logiciels web qui deviendront, ce que l’on appelle aujourd’hui les SaaS (la performance des langages de software alliés à la centralisation des langages web).

À la fin des années 80, il fut le seul “spécialiste” et fin connaisseur du Web. À cette époque, internet était un vaste territoire sauvage où peu (environ 5 000 utilisateurs) s’aventuraient. Les Webmaster sont un peu les Christophe Colomb du Web, sauf qu’il n’est question que de création et pas d’esclavagisme. Ils se sont aventurés en terrains sombres et en eaux troubles en expérimentant tout ce qui fait le web aujourd’hui et sa culture.

Le webmaster est un métier ancestral qui a muté et qui n’a, désormais, de place que dans la WebCulture.

Le webmaster était surtout un développeur HTML, qui conseillait aussi les entreprises sur le type de matériel choisir, administrait et gérait les solutions d’hébergement et l’aspect rendu par les navigateurs. Avec plus de 200 millions d’utilisateurs en 1999, je vous laisse imaginer le nombre de webmasters qui ont pu faire évoluer le web et le nombre de langages qui sont alors nés. CSS, PHP, Javascript, pour ne citer qu’eux, ont bouleversé la donne et ont multiplié les possibilités et les enjeux du numérique pour les entreprises. L’autonomie conférée aux utilisateurs (particuliers) avant-gardistes a aussi changé la donne dans nos mentalités jusqu’à faire émerger nos propres besoins et notre propre individualité dans une société conformiste et ultra-standardisée au temps du Taylorisme et du Fordisme.

Du Webmaster originel, s’est extrait plusieurs métiers alors dits de “spécialisation” au fur et à mesure qu’internet à conquit ses internautes et qu’il est rentré dans les moeurs. D’une faune sauvage s’est donc érigée une toute nouvelle civilisation : le Monde Digital. Il fut alors nécessaire d’organiser cette “société” numérique, de le standardiser un minimum d’y creuser des chemins plus simples, plus pratiques, tout en continuant d’expérimenter dans cette voie.

Travailler avec un Webmaster c’est programmer son obsolescence

Comme de nombreux métiers ancestraux, tels que les télégraphistes, les réveilleurs ou autres allumeurs de réverbères, le Webmaster ne peut plus se targuer d’utilité dans notre société. Le web étant devenu aussi complexe et diversifié que nous, nous ne pouvons plus nous permettre d’acheter des aventuriers solitaires et généralistes pour espérer rentabiliser nos projets digitaux.

Je suis désolée, mais l’amateurisme n’est plus possible pour atteindre ses objectifs professionnels …

Et être nostalgique dans sa recherche de prestataires de services est une grave erreur qui peut vous coûter votre entreprise. Avant de vouloir absolument rester dans un monde qui n’est plus, demandez-vous pourquoi vous êtes ou voulez être sur internet.

  • Est-ce pour faire comme tout le monde ?
  • Pour vous donner l’impression d’être moderne ?
  • Parce qu’on vous bassine avec internet ?
  • Parce que vous souhaitez trouver de nouveaux clients ?
  • Parce que vous souhaitez vivre de votre passion ?
  • Parce que vous avez de belles ambitions ?

Si ce sont l’une des 3 dernières raisons, alors oubliez les Webmasters et tournez vous vers des métiers de spécialistes. Ou à défaut, vers des stratégistes digitaux qui, si possible, possèdent des compétences en codage et en développement. La stratégie est la base de toute optimisation et de tout projet. Ce prestataire de service devra avoir une culture web importante et avoir toujours un nez et un oeil dans l’actualité internet (principe de veille stratégique). C’est ce dernier point qui évite l’obsolescence d’une personne dans son environnement professionnel. Notre monde tourne si vite qu’un excellent “élève” en 2018 peut devenir le pire des cancres en 2020.

La prochaine fois qu’un-e professionnel-le vous annoncera qu’il ou elle est Webmaster, fuyez. Fuyez, à moins d’avoir des milliers d’euros à dépenser sans réfléchir ou à jeter par la fenêtre. Fuyez, à moins que vous ne souhaitiez pas vendre ou être visible sur le net.

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