Catégories
Les Notes Intelligentes

đź—’ Étude : Qu’est-ce le Fatalisme ?

Sommes-nous fatalistes ? Faisons-nous parti de ces personnes qui ne savent et ne veulent pas améliorer le monde ?

DĂ©finition officielle

Le fatalisme est une notion datant de la civilisation Grecque qui porte en son Ă©tymologie le mot destin (“fatum” en latin). Cette notion est Ă©troitement liĂ©e aux Dieux qui ont le pouvoir de sceller le destin de tout les ĂŞtres vivants et non-vivants de l’univers. Le vĂ©cu et la fin de chaque individu est alors entre les mains d’un ou plusieurs maĂ®tres qui passeraient des messages en jouant avec ces millions de destinĂ©es.

Si le Fatalisme est une notion très péjorative cernée par du défaitisme et de la paresse, le Destin semble alors beaucoup plus noble. Il est alors intéressant de se plonger un peu plus sur le concept du Destin, ce fatalisme glamourisé, et de ses conséquences sur notre psyché.

Dans le vocabulaire courant, [le fatalisme] désigne l’attitude tout à la fois passive et paresseuse qui consiste à se résigner à un sort que l’on pourrait aisément éviter en agissant avec énergie et volonté.

Définition Wikipédia

En philosophie

En philosophie, le fatalisme refuse toute libertĂ© de choix de vie de l’ĂŞtre humain, “cela devait et cela doit arriver“. Tout comme dans la dĂ©finition littĂ©raire, la fatalisme est le concept du Destin. OĂą tout est fixĂ© d’avance et oĂą l’on ne peut rien changer quoi que l’on essaye de faire.

Le fatalisme suggère aussi que l’on y soumet et que l’on accepte qu’une force supĂ©rieure (Dieu, la nature, les loi, l’argent …) viennent contrĂ´ler sa vie et son futur. Ainsi, cela rejoint la notion de “paresse” par un autre concept : la dĂ©mobilisation. Qui est le fait de se ne plus prendre part et responsabilitĂ© de l’injustice gĂ©nĂ©rale, comme en tĂ©moignait le monde mĂ©diĂ©val :

« Comment savons-nous que le fatalisme est la Voie des tyrans ? Dans le passĂ©, les gens pauvres Ă©taient empressĂ©s pour boire et manger mais paresseux au travail. … Ils disaient inĂ©vitablement : ‘C’est mon destin inĂ©luctable que de rester pauvre.’ [tandis que] Les rois tyrans du temps passĂ© ne restreignaient pas les plaisirs de leurs sens […]. Cela menait Ă  la perte de leur pays et au renversement de leur gouvernement »

Critique du fatalisme par les moĂŻstes, partisans de Mozi

Dans les religions

Nombreuses sont les religions qui prĂ´nent ce fatalisme, le destin de vie (naissance et anti-contraception) et de mort (le suicide, le sacrifice, la mort au combat) pour faciliter les maux et inhiber l’adversitĂ© de ses sujets qu’elles ne peuvent pas aider. Ainsi, l’erreur, l’Ă©chec et l’inutilitĂ© d’une totalitĂ© ou d’une partie de ces religions est prĂ©servĂ©e. C’est l’ĂŞtre supĂ©rieur (un dieu, un chef, l’histoire, la tradition, la nature, l’univers…) qui a dĂ©cidĂ© et la force est d’y succomber sans sourciller. Les efforts et les activitĂ©s sont alors inutiles et n’auraient aucunes influences sur le cours de notre vie. Arrivez-vous Ă  penser cela, vous ? Parce que, personnellement, ma propre vie est le contre-argument de cette thĂ©orie.

Le fatalisme est donc un moyen de garder sa valeur en Ă©liminant la valorisation via les rĂ©sultats. Il est alors impossible de blâmer qui que ce soit Ă  part les dieux. Ah ! La vie est bien plus facile pour les gourous, les charlatans et les incompĂ©tents : ils ne subissent pas les consĂ©quences de leurs actes. On pourrait alors se demander qu’est-ce qui pourrait ĂŞtre de valeur s’il n’apporte rĂ©sultats ? Je vous laisse lister les choses qui vous tiennent Ă  cĹ“ur et qui, pourtant, n’ont pas de consĂ©quences positives.

En revanche, la fatalitĂ© de la mort, le concept le plus redoutĂ© de tout les temps par les ĂŞtres intelligents de notre espèce, fut adoucit par ce destin. Le danger n’est plus ressenti car il n’existe alors plus.

« Le dogme de la fatalitĂ©, inspire l’audace et le mĂ©pris de la mort ; le pĂ©ril Ă©tant, aux yeux du fataliste, le mĂŞme pour celui qui manie le fer sur un champ de bataille et pour celui qui repose dans un lit ; l’instant de pĂ©rir Ă©tant irrĂ©vocable. »

Diderot, pour Sophie Volland – 1759

Il existe alors deux visions dans le destin et la fatalité :

  • celle d’accomplir sans peur du danger par bravoure et combat de la peur irrationnelle,
  • celle d’influencer Ă  la paresse et l’acceptation de son sort, de son malheur et celui des autres.

En psychologie

La psychologie, comme toute science, porte dans son for intérieur la notion de causalité qui explique que :

  • Tout phĂ©nomène a une cause antĂ©rieure.
  • Tout Ă©vènement est la consĂ©quence d’une action passĂ©e.

C’est aussi le principe de la Relation de Cause Ă  effet, issue du XIXe siècle et peut-ĂŞtre bien du philosophe Platon. De ce fait, poursuivre un destin tout tracĂ© par autrui est considĂ©rĂ© alors comme du dĂ©faitisme (“j’abandonne, je me laisse faire”) et/ou du pessimisme (“tout va ml et tout va aller de plus en plus mal de toutes manières”)

“Dans un sens Ă©largi, psychologique et littĂ©raire, le fatalisme peut dĂ©signer aussi une attitude ponctuelle, […] se sentant vouĂ© Ă  l’Ă©chec, remet son existence Ă  la main du destin qu’il laisse suivre son cours, abandonnant le combat et l’adversitĂ© selon l’inclinaison de sa volontĂ© subissant un dĂ©couragement.”

Wikipédia

En entrepreneuriat

Le Fatalisme, ou le Destin, amène Ă  une sombre dĂ©responsabilisation de l’individu. En France, le fatalisme porte un autre nom : l’Assistanat. PossĂ©der autant d’organismes sociaux et de droits “gratuits” nous amène Ă  considĂ©rer l’Ă©tat comme, Ă  la fois une mère poulet et un père autoritaire dont nous ne pouvons nous dĂ©faire. Ainsi les citoyens sont leurs enfants de 4 ans et demi. Les français attendent tout du gouvernement alors qu’ils ne lui donnent jamais raison. Ă€ vrai dire, cela plutĂ´t Ă  un peuple en crise d’adolescence continuelle.

Heureusement, l’entrepreneuriat Ă©tant largement libĂ©raliste, les chefs d’entreprises et les freelances ne sombrent pas dans cet Ă©tat paternaliste. LaissĂ©s Ă  l’abandon contrairement aux salariĂ©s et aux chĂ´meurs, les indĂ©pendants et les gĂ©rants de sociĂ©tĂ© sont bien plus libres qu’ils ne le pensent : de ce fait, ils le sont mentalement.

Cependant, cette aventure Ă©tant extrĂŞmement forte psychologiquement, il est facile de se laisser stagner et rĂ©sister aux changements, par conformisme ou fatalisme. Par ce biais, certains entrepreneurs subissent leur marchĂ© plutĂ´t que de le vivre. Et ne pas se sentir responsable d’une rĂ©ussite ou d’un Ă©chec, une action ou d’une pensĂ©e empĂŞche toute possibilitĂ© de prise de mesure (“car le destin ne se mesure pas, il s’attend”) et d’amĂ©lioration (“car il n’y a rien Ă  y faire, c’est comme ça”). Plus implicitement, le fatalisme couvre bon nombre d’entrepreneurs via des pensĂ©es qui coupent court Ă  toutes actions et rĂ©flexion :

“Les clients sont comme ça, c’est tout il faut faire avec !”

Exemple de fatalisme pessimiste et conformiste

“Le marchĂ© va mal. Oh ça va revenir c’est comme tout !”

Exemple de fatalisme optimiste et utopiste

Le fatalisme est Ă©troitement liĂ© au conformisme dans la notion de paresse et de dĂ©mobilisation. Encore pire, rendre son prĂ©sent et son futur au Destin est une totale dĂ©responsabilisation de l’individu dans son bonheur et son malheur. Ce qui conduit inĂ©luctablement Ă  rechigner, jalouser, pester, et dĂ©moraliser. Ceux qui agissent, ceux qui se responsabilisent ne peuvent tomber dans ces travers vicieux et destructeurs.

Alors les fatalistes sont priés de laisser les cerveaux libres travailler.

Merci.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *