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Les Notes Intelligentes

🗒 Le problĂšme des rĂ©seaux de femmes

Ceux qui sont officieusement fermés aux hommes, ceux qui sont inconsciemment sexistes et provoqueraient des tÎlées dans le sens inverse.

Il ne faut pas se mentir : quand il y a manquĂ© “Pour femmes”, “Pour entrepreneuSE/entrepreneurE, “Au fĂ©minin”, “FĂ©minine”, les hommes ne sont naturellement pas la bienvenue. On va pas les mettre dehors par politesse, mais 
 rien n’est prĂ©vu pour eux et rien n’est adaptĂ© Ă  eux, donc s’ils pouvaient s’abstenir 


Faisons le parallĂšle inverse : Et si des rĂ©seaux pour les hommes se montaient ? Comment est-ce que nous le prendrions ? Car oui, l’espace sera pris pour des actions oĂč rien n’est ni prĂ©vu, ni adaptĂ© aux femmes. Sexiste un peu non ?

Je pense que les rĂ©seaux fĂ©minins sont sexistes : ils sont victimisant et rĂ©ducteurs. Ils nous enferment dans un carcan de pauvres choses fragiles ou de moins-que-rien dont, paradoxalement, nous voulons nous sortir. Pouvons-nous ĂȘtes Ă©gales en nous coupant du reste du monde et en restant “entre nous” ?

SoirĂ©e networking entre femmes… dĂ©pitĂ©es.

Malheureusement, les rĂ©seaux genrĂ©s sont un recueil bien top homogĂšne d’émotions nĂ©gatives qui flottent et restent dans la piĂšce sans s’en Ă©chapper. Du coup, l’ambiance est triste, morose et je vois toutes ces personnes patauger dans cette mĂȘme victimisation qui les font toujours se sentir faibles, insuffisantes et mal Ă  l’aise. Parce que le malaise il est bien lĂ . Et on voit bien qu’il faut se mettre en 4 pour aider Ă  rendre visible des femmes qui ont surtout besoin d’autonomie, d’indĂ©pendance, de ne plus se reposer sur les autres mais au contraire d’innover, de tester, de se tromper, de se ridiculiser. Comme les hommes. Et ce mĂȘme auprĂšs de ces derniers, ces “gourous du mal et de la discrimination”, donc toutes les choses que l’on cherche Ă  Ă©viter au plus haut point dans ses Ă©vĂšnements genrĂ©s : nous devons en rĂ©alitĂ© leur faire face.

Parce qu’il faut absolument montrer que les femmes sont aussi bien (ou mieux) que les hommes, ont cache la misùre et on sauve les apparences
 ?

Ne serait-on pas Ă©gaux si nous nous avouons tous s’ĂȘtre dĂ©jĂ  pris des sales rĂąteaux, des gros vents, des refus et du rejet social, des Non remplis de mĂ©pris, des blagues douteuses en pleine face, des instants de panique, des moments de solitude et, bien sĂ»r, des fois oĂč l’on aurait bien pleurĂ© ?

Les hommes ont le droit d’ĂȘtres faibles, de pleurer, d’ĂȘtre gentils, doux et non-violents.

Les femmes ont le droit de se gĂ©rer seules, d’ĂȘtres fortes, de ne pas ĂȘtres belles et de ne pas sourire.

Alors, je sais qu’il faut s’accepter les unes et les autres, dans les choix de vie de chacune, mais grouper et cloisonner le mĂȘme type de personnes ensemble ne fait guĂšre Ă©voluer l’ouverture d’esprit, la gĂ©nĂ©rositĂ© et l’acceptation. Au contraire, les communautĂ© homogĂšnes et fermĂ©es sont les plus sectaires, les plus dangereuses et oĂč les QIs collectifs (puis individuels) sont le plus faible.

Mais mea culpa : dans l’apĂ©ro d’un rĂ©seau payant de femmes entrepreneuses, j’ai rencontrĂ© une super nana, une entrepreneuse battante, une formidable partenaire et une merveilleuse amie 
 qui a eu le mĂȘme ressenti que moi sur cet Ă©vĂšnement fĂ©minin.

Oui, les hommes ont autant Ă  apporter aux femmes que l’inverse.

C’est ça le principe du fĂ©minisme, d’ailleurs, non ?

Pourquoi se calfeutrer dans une soupe rĂ©currente et homogĂšne d’individu-e-s oĂč rien ne pourra Ă©voluer ? Est-ce que y rajouter d’autres ingrĂ©dients n’est-il pas plus judicieux et intelligent pour nous sortir d’un Ă©tat que nous ne voulons plus (aka sexe faible;sexe dominĂ©;plante verte) ?

Lorsque que vous faites face Ă  un problĂšme, que faites-vous ? Soit vous fuyez, soit vous combattez. Bien. Dans quelle catĂ©gorie ĂȘtes-vous lorsque vous souhaitez vous dĂ©faire d’une image d’incapacitĂ© fĂ©minine et arpentez les rĂ©seaux exclusivement fĂ©minins, destinĂ©s et rĂ©servĂ©s aux femmes ? Vous fuyez.

Et moins nous feront face Ă  ce(ux) qui nous effraye, moins nous sauront comment rĂ©agir et nous comporter naturellement devant ceux qui peuvent se prĂ©tendent meilleurs que nous et nous rabaisser, et plus nous amplifions et forgeons ces pensĂ©es discriminantes. Si nous nous pensons rĂ©ellement pas capable de naturellement faire face aux hommes dans le milieu professionnel, alors forcĂ©ment, nous ne le seront pas. Et ce ne sont pas les curly et les jus de fruits des soirĂ©es fĂ©minines qui vont nous aider 


Pour moi, ĂȘtre une femme libre c’est tout simplement pouvoir aller Ă  la rencontre des deux sexes simplement et spontanĂ©ment, sans angoisses et sans diffĂ©rence. Mais ce n’est que mon humble avis. Chacun-e sa vision de la libertĂ© bien sĂ»r.

Le problĂšme de la discrimination positive


 C’est que l’on ne sait plus ce pour quoi nous sommes reconnues.

Parce que nous sommes des femmes qui faisons des choses justes normales, mais surnaturelles pour les fervents du sexe-faible-féminin ? Ou parce que notre idée et notre travail sont vraiment excellent ?

Parce que nous devons permettre aux statistiques de la parité de se rapprocher de 50% ou aider au femwashing ? Ou parce que nos compétences et notre profil sont vraiment intéressant ?

“Je sais qu’il m’est arrivĂ© plusieurs fois d’ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©e lors de concours, ou d’évĂ©nements mĂ©diatiques, certes pour la qualitĂ© de mon projet et de mon parcours, mais aussi (et parfois surtout) parce que j’étais une femme ! Affligeant ? Peut-ĂȘtre
 Toujours est-il qu’on en est encore lĂ  aujourd’hui, et que, mĂȘme s’il faut le dĂ©plorer, il faut aussi savoir en profiter de cette ‘discrimination positive’ quand elle joue en votre faveur.”

Marine Le Roy CEO de KAZoART

Alors oui, j’en profite aussi, et j’appelle Ă  notre communautarisme naturel pour se soutenir et s’échanger des plans, des moyens et des solutions. Pour dĂ©velopper TheBuildery.academy j’ai plongĂ© dans les concours et les appels Ă  projets qui mettent en avant les femmes, parce que au final aujourd’hui, j’ai la chance d’en ĂȘtre une. Mais la rĂ©ussite Ă  ce type de financement/prix ne sera pas une fiertĂ© ou une rĂ©ussite vĂ©ritable. Un coup de pouce plutĂŽt. Cela doit sĂ»rement valoriser mon travail et ma clairvoyance mais qui sait, peut-ĂȘtre que c’est juste parce que j’étais qu’avec des femmes ?

Je ne vais pas explorer cette vision des choses par auto-dĂ©valorisation (ou alors j’ai dĂ©jĂ  trop cĂŽtoyĂ© les rĂ©seaux de femmes dĂ©pitĂ©es) mais pour appuyer le fait que la diversitĂ© nous prouve notre rĂ©elle valeur et notre rĂ©elle utilitĂ© dans notre diffĂ©rence et nos ressemblances. Car notre monde n’est pas homogĂšne et uniquement peuplĂ© de femmes, il est logique de se confondre intellectuellement — et mĂȘme artistiquement — parmi les hommes sans mettre en avant ce qui, au yeux de la sociĂ©tĂ© et de la biologie, fait de nous des femmes.

En 2020 et en France, ĂȘtre une femme c’est cool, car tout ce que nous faisons, dĂšs lors que nous avançons sur un terrain “masculin” semble incroyable juste parce que c’est une femme qui en est Ă  l’origine. A contrario pour les hommes, se rapprocher d’un terrain “fĂ©minin” les contraint Ă  se ridiculiser, se maltraiter et se soumettre. À se rĂ©duire au niveau des femmes. Il y a encore du chemin dans l’égalitĂ© des individus et des genres 


Vous voyez, je prĂ©fĂšre parler de sorties entre nanas, soirĂ©es entre meufs — parce que oui se retrouver entre le mĂȘme sexe c’est agrĂ©able — tout comme il y a des sortis entres potes et des soirĂ©es entre couilles.

Le business (que) entre femmes ne rĂ©sout absolument pas les problĂšmes d’inĂ©galitĂ©s et de discriminations. Il ancre davantage la femme comme un ĂȘtre diffĂ©rent, non pas par sa personnalitĂ© et ses talents, mais par sa physiologie.

Ne voulons-nous pas ĂȘtre traitĂ©es comme un-e professionnel-le avant d’ĂȘtre traitĂ© comme un chromosome XX ?

LĂ , on parle d’égalitĂ©. Les mots et les actes dans cet article sur les rĂ©seaux fĂ©minins sont pointilleux et implicites, mais puisque le harcĂšlement sexiste (moral, physique et psychologique) l’est tout autant, pourquoi accepter ces premiers ?

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