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Le Journal d'un-e Solopreneur-e

📒 Le confinement est un répit pour les introvertis, contrairement aux extravertis.

Ep#11 Car notre énergie est drainée par deux opposés, notre capacité à surmonter la crise du COVID-19 est radicalement différente.

Les introvertis sont énergisés par le calme que seul la solitude génère.

Nous sommes nuancés par deux types de personnalité : les plus introvertis, et les plus extravertis. Bien que certaines personnes se situent entre les deux, nous avons tendance à préférer la bonne compagnie ou la solitude totale. Cette affection pour l’un ou pour l’autre provient de là où nous arrivons à puiser notre énergie : soit de l’extérieur (les autres), soit de l’intérieur (soi-même). De cette même manière, l’un ou l’autre draine cette même énergie.

Ainsi un extraverti sera affaibli par sa solitude, aussi positive et méditative soit-elle. Et un introverti sera affaibli par les relations sociales, aussi saines et plaisantes soient elles. C’est un fait à réaliser. Il n’y a donc aucune culpabilité à souvent demander de la compagnie ou à vouloir s’isoler régulièrement : tant que cette action nous permet de reprendre du poil de la bête et de remettre les pendules à l’heure.

Introverti-e : ❝ Quoi, un confinement ? Ça veut dire qu’on me force à faire ce que j’adore faire : rester dans mon monde ? 🙌 ❞

Extraverti-e : ❝ Quoi, un confinement ? Ça veut dire qu’on va me couper de force de mon monde : l’extérieur, les autres ? 👎 ❞

Le confinement d’une introvertie.

Pour un-e introverti-e, être confiné c’est pouvoir rester seul avec soi-même, travailler avec soi-même, faire les choses soi-même et vivre dans sa solitude bien-aimée sans être affublé de paresse ou de néantise. C’est un confort absolu, un retour à la facilité et au repos.

Ce que ça a changé…

Ce qui m’a dérangé de premier abord, c’est la panique malsaine pendant les ravitaillements. C’est mon angoisse. Rester chez moi ? OK, tant qu’on a de l’électricité et internet au moins 5 heures par jour. Mais courir chercher les carottes et les steaks hachés en se lavant les mains toutes les 10 minutes, traverser la horde de potentiels infectés, et passer sa main pour choper le dernier paquet d’oeufs … C’est trop pour moi.

Je traverse déjà une horde surpeuplée tous les jours dès que je sors de chez moi, alors vous imaginez…

En fait le confinement, c’est un soulagement pour moi. Enfin un monde tout comme moi : lent, simple, calme, isolé.

Et en effet, pour les introvertis — vous avez sûrement dû voir d’autres articles sur ce sujet — le confinement est une totale zone de confort. Ce ne sont pas eux qui souffrent de dépression au bout de 3 semaines d’isolation. Bien évidemment, ce ne sont pas des êtres asociaux, et ils ont tout aussi besoin de compagnie : mais beaucoup moins souvent.

Sur-solliciter autrui devient alors plus facile grâce au digital.

Dès les premiers jours de confinement, j’ai été surbookée entre les petits jobs à distance que j’ai pris pour compenser les pertes économiques sèches (aide aux devoirs d’enfants), les nombreux coups de téléphone pour se préparer à rebondir, la communication positive #Coronavirus, l’offre de sessions de consulting gratuites, la création de Genosy, la nouvelle charte graphique de TheBuildery, trouver une solution pour lancer tout de même les formations de TheBuildery Academy …

Bref c’était le beau bordel.

J’étais à fond, mais j’étais dans la panique. Je ne savais plus vraiment quoi faire et je n’arrivais pas à me poser pour réellement me recentrer et réutiliser mon cerveau à bon escient et capitaliser sur la situation du COVID-19 comme tous les autres. J’ai passé mes après-midi au téléphone avec diverses personnes, ainsi, je n’avais jamais passé autant de temps au téléphone en 1 an qu’en cette première semaine de confinement. Et si je n’avais pas bloqué mes matinées — mode “Avion” + mode “Ne pas déranger” — j’aurais été prise pendant ces instants précieux de performance aussi.

La visioconférence et les échanges téléphoniques étant plus pratiques et rapides : il est bien plus facile d’en passer des dizaines en une journée plutôt que des rendez-vous physiques. Et grâce ou à cause du téléphone, inconsciemment pour les autres, nous sommes toujours disponibles pour eux : nous ne pouvons nous permettre de ne pas répondre à un texto ou un appel.
Un appel ou un texto c’est rapide hein ça va !”. Oui mais c’est énergivore cher extraverti.

Je devais effacer tout mon planning de travail et mes objectifs pour les réécrire. Mais il fallait que je reprenne MON temps et MON énergie pour cela.

Cette dernière que j’ai laissée partir en fumée en l’espace de quelques jours. En tant que bonne introvertie, toute cette compagnie, toute cette sollicitude m’avaient épuisé. L’action est belle, le pivot, le remaniement, l’adaptation, la générosité, le partage tout ça, mais je ne me suis pas respectée. J’avais besoin de temps pour moi d’abord. Forcément, j’ai fini par être exécrable (d’autant plus car j’étais confinée avec quelqu’un d’autre) et par rejeter toute forme d’attention et de demandes sociales. J’étais dans l’impasse d’avoir besoin de me couper du monde en plein boom de la connexion sociale et donc d’opportunités.

Vous savez quoi ?

Finalement j’ai joué aux jeux vidéo. Les après-midi après les cours de soutient que je donne : comme une récompense à cette ouverture sociale. Et qu’est-ce que ça fait du bien ! J’ai trouvé mon terrier en pleine tempête de neige, j’ai finalement trouvé la solution : dans les jeux vidéo de création, de gestion et de stratégie. Mes trois passions. Nous reparlerons dans un autre post de ce concept de “terrier” qui a été un réel soin mental pour ma part. Je peux vous dire que depuis 1 semaine environ, je suis sereine, je suis lucide, je suis bien.

Et vous, introvertis/introverties, quel est, ou quel serait, votre terrier ?

Ce qui n’a pas été affecté.

La solitude. Les introvertis s’énergisent dans leur solitude, c’est-à-dire qu’ils ont un besoin impératif de se recharger en étant seuls avec eux-même. Sans interaction sociale, sans demande d’affection, sans demande d’autrui tout court. Encore une fois, ce n’est pas de l’asociabilité c’est un besoin psychologique et mental pour repartir de plus belle : comme une sorte de sommeil.

Le repos social, ou sommeil social est une sorte de déconnexion avec sa propre espèce, sa propre meute pour évoluer temporairement de son propre chef. C’est un moment précieux de réparation, de remise à niveau qui se base sur la coupure des bruits externes (pensées d’autrui, foule, distractions …) pour entendre et analyser les bruits internes (notre propre pensée).
Tout comme le sommeil ou la sieste, cette coupure est temporaire mais nécessite d’être régulière. De la même manière qu’un extraverti à besoin d’entendre et d’analyser le bruit externe temporairement mais régulièrement.

Garder le lien social ? Merci, je n’en ai pas besoin. J’ai déjà tout ce qu’il faut.
En évoluant dans un monde, apparemment, extraverti, j’ai pu avoir du lien social et de l’affection en abondance et bien plus que ce je pouvais absorber en une seule fois. Ces relations sont de l’or, elles font ce que nous sommes aujourd’hui et nous ne pouvons nous en passer. Que ce soit personnellement ou professionnellement, nous ne pouvons pas aller aussi loin et aussi bien tout-es seul-e-s. C’est un fait, compères et comparses introvertis. Donc en cette période, nous n’avons qu’une idée en tête : en profiter pour regonfler notre énergie dans cette solitude et ce ralentissement. C’est le monde qui tourne en synergie avec nous désormais.

Alors oui, je suis confinée avec quelqu’un d’autre, d’introverti aussi. Et chaque jour, nous nous laissons notre matinée entière pour chacun, seul-e. Il se met de son côté, je me mets de mon côté, et nous faisons chacun ce que nous avons à faire. Et si j’avais été seule, je sais très bien que tous mes amis et les membres de ma famille extraverti-e-s auraient fait le premier pas pour me contacter et établir le lien social à distance. C’est ça qui est génial avec les extravertis : ils prennent ces devants-là, nous avons juste à leur saisir la main et les suivre lorsque nous le souhaitons.

En revanche, j’ai été percutée par un autre côté de ce confinement. Par le côté noir de ce monde trop beau pour nous, trop facile je dirais. Introverti-e-s, savez-vous à quoi je veux faire allusion ? 
Je veux parler de ce réconfort sur une trop grande durée. Nous nous efforçons de nous ouvrir, de nous socialiser et de nous épuiser pour obtenir tous les bénéfices — sociaux, psychologiques, créatifs, professionnels, physiques etc — qui en découlent. C’est typiquement une sortie de zone de confort que d’établir des relations, participer à des networkings, rencontrer ses prospects. Rester confiner est alors notre zone de confort.

Le confinement est la facilité des introvertis. C’est donc leur bête noire : Ce Confort Meurtrier des ambitions, des rêves, de la progression, du développement.

Pour les introvertis c’est le danger de la zone de confort qui rôde et qui les empêchera d’en ressortir lorsqu’ils en auront besoin. Car oui, le confort est vicieux et a pour but de nous y faire rester, comme cette couette et ce lit douillet qui nous demandent de rester dedans et de ne pas réaliser nos rêves et nos ambitions. Le risque est de voir tous nos efforts pour adopter des routines, jadis “inconforts” et désormais “habitudes”, partir en fumer par le vécu d’un trop grand confort sur une trop grande durée.
Pour sortir de notre coquille, pour nous développer dans le sens où, chacun, nous le souhaitons, nous avons besoin d’entrecouper le confort par des moments d’inconforts. C’est typiquement l’adage précieux “après l’effort : le réconfort”. De ce fait, forcer un introverti à rester chez lui, seul ou dans un cercle limité, c’est reforger ses anciennes habitudes qui le limitent, qui l’isole encore plus et le coupe psychologiquement sans insérer de sorties de zones de confort régulières et temporaires.

Bon, moi j’y retourne. Vous me direz quand c’est fini tout ce bordel ?
Après, si vous oubliez de me dire que le confinement est fini, ce n’est pas grave hein … J’ai encore plein de choses à faire seule.🚨 Alerte trop grande zone de confort)

La sortie de confinement, ça va être dur …

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