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Le Journal d'un-e Solopreneur-e

📒 Comment le confinement peut forger notre discipline dans le télétravail et le homeworking

Ep#6 | Par le manque de choix tentants, la prise de conscience de sa propre richesse et l’obligation morale.

Le confinement, c’est l’obligation, par des tiers, de rester bloqué dans un seul lieu et de ne pas en changer. Lors d’un confinement, quel qu’il soit, nous nous sentons pris au piège. Au piège de notre propre demeure, pourtant celle, qui devrait être notre foyer*.

Beaucoup d’entre nous dĂ©couvre le tĂ©lĂ©travail ou redĂ©couvre le homeworking oĂą nous devons rĂ©aliser un travail productif et remplir des objectifs de chez soi et non pas dans un lieu qui y est dĂ©diĂ©. Il peut sembler alors difficile de transformer une partie de chez soi en lieu consacrĂ© au travail. Sans bruits, sans distractions. Pourtant tout, absolument tout, est sujet Ă  distraction. Une petite tâche sur le bureau, un tag sur une photo, un nouveau message dans une discussion de groupe, une publicitĂ© sur Spotify, un voisin qui parle un peu fort, le camion de poubelle du matin, un email, un pigeon qui se pose sur le rebord de la fenĂŞtre… (si vous avez d’autres suggestions encore, je suis preneuse.)

*ꜰᴏʏᴇʀ — É´.á´Ť ; “Point d’oĂą rayonne la chaleur, la lumière”

Est-ce que l’environnement externe est le problème ou alors notre propre cheminement interne ?

“Impossible pour moi de travailler de chez moi, il y a trop de distractions, je n’y arrive pas !”

M’ont déjà dit quelques compères et comparses.

Je comprends leur point de vue. Sauf que je suis sĂ»re que si leur vie ou celle de leurs proches Ă©taient en jeu, ils et elles sauraient faire abstraction totale de ces distractions dĂ©risoires pour trouver des solutions et les exĂ©cuter. Soit atteindre un objectif concis et clair : se sauver ou sauver ses proches.

Es-tu rĂ©ellement sĂ»r-e, que tu vas rĂ©pondre immĂ©diatement au texto d’un-e ami-e si tu Ă©tais conscient-e que tu perdais de l’argent Ă  chaque moment oĂą tu te dĂ©tournes de ton travail pendant tes pics de performance ?

Es-tu rĂ©ellement certain-e, que tu vas tomber — miraculeusement — et rester dans les bas-fonds d’Instagram/Facebook/Twitter/LinkedIn/Youtube/Reddit si tu savais que ce que tu as dans le cerveau te permet de crĂ©er des richesses ?

Penses-tu, rĂ©ellement, ne pas pouvoir te retenir de ranger cette chaussette qui traĂ®ne ou cette assiette sale si tu comprenais que ton temps a 1000 fois plus de valeurs que la moyenne en ce moment mĂŞme ?

Cela ne te suffit pas ?

Un élément externe se doit de nous mériter pour nous détourner de nos objectifs.

Si tu avais enfin conscience de tout ce que tu pouvais produire uniquement grâce Ă  ta matière grise, tu ne perdrais plus une seule seconde de productivitĂ© (lorsque l’activitĂ© cognitive est au beau fixe) Ă  sortir la tĂŞte de ton objectif, de ton projet, de ta crĂ©ation, de ton bĂ©bĂ©.

Donc d’être faible face à la distraction, quelle qu’elle soit.

Si tu prenais conscience de ta propre responsabilité dans tout ce que tu as et tout ce que tu n’as pas, tu ne considérerais plus ta dispersion comme un trait de caractère irrévocable avec lequel il faut faire avec.

Car tu saurais que tu es le Capitaine du Bateau : le seul et unique.

Ne l’oublions pas, lorsque nous cherchons l’indépendance et la liberté, nous sommes les seuls maîtres à bord. Nous ne sommes plus les sou-fifres, les stagiaires, les subordonnés, les plantes vertes. Nous sommes les pilotes de notre propre activité rémunératrice, et donc, de notre propre vie.

Est-ce que les Capitaines sont distraits lorsqu’ils réalisent une manœuvre ? Non. Ils se laissent divaguer seulement lorsqu’ils ont fini.

Parce que oui prendre 2 minutes pour faire ces quelques petites choses, ces distractions, citĂ©es plus haut, ce n’est rien. D’ailleurs, David Allen, cĂ©lèbre auteur de la mĂ©thode Getting Things Done conseille d’exĂ©cuter immĂ©diatement toutes les actions qui ne prennent pas plus de 120 secondes Ă  rĂ©aliser. Sauf que si nous rĂ©pondons immĂ©diatement Ă  ces petites tâches rapides — dĂ©jĂ  accumulĂ©es elles deviennent une Ă©norme masse de temps consommĂ©, puis—nous ne serions pas productifs. Nous serions constamment dĂ©tournĂ©s de notre coeur : du travail le plus important. Les distractions sont des distractions si elles sont prises en charge au mauvais moment : lors des pics de performances.

Les pics de performances sont notre clé pour monter en grade intellectuel : nous allons pouvoir consommer la bonne énergie du bon moment pour générer, créer et imaginer plutôt que bêtement exécuter des tâches aléatoires dans un fouillis mental.

Extrait du Planning de Travail Autonome Â© Cyrielle Sixt

Reconsidérer la distraction et sa propre volonté.

Je dois avouer que pour les personnes qui doivent garder des enfants à domicile, c’est une autre paire de manches. Tout simplement car la distraction est humaine et ne peut être ignorée au risque de provoquer des répercussions psychologiques et émotionnelles fortes sur ces enfants. Pour cela je vous conseille d’aller directement au chapitre “Planifier ses moments de distractions”.

Sinon,
Penses-tu réellement vouloir cette liberté ? Alors où est le problème ? Comment des notifications, la vue de ton salon ou de pauvres applications peuvent t’en détourner ?

Quoi ?!

C’est plus important de checker tes réseaux sociaux ou d’éliminer la dernière poussière plutôt que d’être libre ?

Ah bon ?

Tu peux ĂŞtre dĂ©rangĂ© par la distraction, nous le sommes tous et mĂŞme moi. Sauf que si tu en veux vraiment tu considĂ©reras ces bruits comme un ennemi, un faux ami toxique, et non plus comme des divertissements ou des besoins. Car ce sont de faux besoins : c’est un coup vicieux de notre conformisme qui nous pousse Ă  nous auto-saboter pour ne pas rencontrer l’inconnu. Il nous pousse vers des tâches et des activitĂ©s “sans risque” et connues. Au juste risque que cet inconnu puisse rendre notre vie pire mais au total dĂ©sarroi qu’il puisse la rendre bien meilleure dans 90% des cas.

Prenons un autre exemple pour faire le parallèle :

Lorsqu’une personne finie par réellement vouloir se battre contre son surpoids, c’est très souvent lorsqu’elle s’écoute et prendre conscience que cette situation la fait trop souffrir, peu importe la manière. Ce peut être un mal devenu insupportable et destructeur ou bien la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Ces personnes voient désormais le mal dans les lieux remplis de malbouffe, dans le sucre et le gras en abondance : elles voudront même en vomir plutôt qu’y succomber car elles ne savent que trop bien tout le mal dans lequel cette tentation les a fait tomber. C’est une responsabilisation que de se rendre compte que tout se base sur son propre comportement.

Ce n’est pas un problème de produire et de vendre de la malbouffe, le problème arrive lorsque nous considĂ©rons ces produits mauvais pour la santĂ© comme du rĂ©confort, de la tradition, un besoin ou un remède miracle comme x ou y problème. Ainsi nous considĂ©rons la distraction comme une solution Ă  un problème, une faille, une faiblesse de notre propre personne.

Alors que cette solution est en réalité le problème.

Pour le travail c’est pareil. Quand ton assiduitĂ© et ta concentration sont le seul moyen pour manger le mois prochain, je peux t’assurer que tu ne penseras pas Ă  Netflix, Ă  faire le mĂ©nage ou Ă©tendre le linge pendant tes temps de performances intellectuelles.

Quelles sont ces distractions maléfiques ?

La liste, c’est un outil puissant. Si je ne qualifie pas la “To-Do-List” comme une stratĂ©gie d’organisation — mais uniquement comme une Ă©tape minime de la planification — monter des listes spĂ©cialisĂ©es est un moyen de mettre en lumière ce que nous laissons, Ă  tort, dans notre tĂŞte. Ă‰crire est puissant. Cela ne nĂ©cessite pas une belle plume ou une rĂ©daction soignĂ©e, juste une Ă©numĂ©ration simple :

Quelles sont toutes les choses qui vous distraient (mĂŞme les plus minimes) ?
Voici, pour ma part, ma liste de distractions :

  • Les publicitĂ©s de Spotify,
  • Tomber sur une chanson de ma playlist que je n’aime plus,
  • DĂ©couvrir une nouvelle chanson qui m’intĂ©resse,
  • Entendre la musique de quelqu’un d’autre,
  • Entendre une Ă©mission quelconque en fond,
  • L’actualitĂ© (tĂ©lĂ©visĂ©e, articles …),
  • Toutes les notifications pushs de mon smartphone,
  • Les notifications sous forme de petites bulles rouges, ça m’énervent,
  • Les notifications sous forme de numĂ©ros, ça m’énerve aussi,
  • Mon tĂ©lĂ©phone qui vibre, sonne ou bipe,
  • Mon tĂ©lĂ©phone qui s’illumine,
  • Une personne qui m’interpelle,
  • Avoir trop chaud,
  • Avoir trop froid,
  • Avoir des mèches de cheveux qui me chatouillent le front,
  • La vue sur la rue,
  • La vue sur un parc,
  • La vue des oiseaux,
  • Les aquariums,
  • Entendre des cris,
  • Entendre des bruits brusques…

Je vous conseille d’énumĂ©rer votre propre liste de distractions et d’y mettre toutes les choses qui vous dĂ©rangent et vous empĂŞche de rester concentrer sur votre travail Ă  la maison. (Vous avez le droit d’y mettre vos enfants, votre conjoint, vos parents…)

Faisons-le maintenant, sur un bloc-notes, un bout de papier ou en commentaire de cet article, tout en bas de la page.

Quelle est ta vie vie de rĂŞve ? Quel est ton enjeux ?

Nous avons tous une vie en dehors de nos projets professionnels, artistiques ou de notre carrière. Bien sûr. Nous avons des “missions” à accomplir car nous nous sommes déjà engagés sur d’autres terrains. Ce sont des temps annexes déjà occupés.
Mais si ces temps empiètent sur notre propre vie, cela signifie que nous ne nous respectons pas : nous nous oublions à trop forte dose au profit des autres. Ou si ces temps prennent l’intégralité de notre vie : peut-être que c’est ça, notre vie.

Ce que nous faisons le plus et le plus souvent défini notre vie et notre futur. (exception au sommeil, aux besoins hygiéniques et à l’alimentation)

Alors, quelle est l’activité que tu fais le plus ?
Ă€ quoi ressemblera ton futur ?
Est-ce qu’il te plaît ?

Lorsque nous acceptons notre passion et notre besoin profond humain, toutes les personnes, tous les éléments et tous les événements ne font que partie du voyage.
Lorsque nous avons un rêve, rien ne peut nous en détourner à part notre auto-sabotage.
Et lorsque nous comprenons que cet saleté de cerveau est à l’origine de ce gâchis insensé, nous le détournons naturellement.

Plus rien ni personne ne nous rattache à notre passé comme un bon chien de famille enchaîné à sa niche. Alimenté, nourrit mais esclave de sa propre vie.

Il est temps de sortir de notre cage.

Planifier ses moments de distractions.

Il est évident que si nous pouvons détourner ces distractions en les dissimulant, ou mieux, en les éliminant, c’est une option de choix. Mais de nombreuses distractions se révèlent en être uniquement car elles apparaissent au mauvais moment. En d’autres temps, ces distractions sont en réalités utiles :

  • Alertes d’actualitĂ©,
    par exemple, sur les dernières préconisations sur le COVID-19 et les indemnisations mises en place par le gouvernement.
  • Notifications de rĂ©seaux sociaux,
    par exemple, pour communiquer avec nos proches, nos prospects, nos clients et se soutenir mutuellement.
  • Une personne tierce,
    parce que les interactions avec autrui sont aussi essentielles pour travailler et forger sa créativité.
Extrait du Planning de Travail Autonome Â© Cyrielle Sixt

Notre besoin de divaguer Ă  droite et Ă  gauche provient du fait que notre cerveau nous rappelle constamment ce que nous devons faire pour ne pas l’oublier. Effectivement, le cerveau n’est pas un espace de stockage ou un agenda : c’est un outil de crĂ©ation. Et lorsque nous lui demandons de retenir quelque chose Ă  court-terme (donc hors apprentissage), nous lui amputons sa capacitĂ© d’organisation, de logique et de crĂ©ativitĂ©. En outre, nous lui amputons toute sa valeur ajoutĂ©e ! Celle qui produit et gĂ©nère des richesses.

Parce que oui : notre cerveau est bien meilleur que les machines et les robots si, et seulement si, nous lui accordons des tâches intellectuelles complexes, fécondes et remarquables. Or, retenir des tâches à faire ne l’est pas.

  • Étape #1 : Ă©crire toutes les tâches Ă  rĂ©aliser sur un bloc-notes, une sorte de to-do-list-brouillon qui n’est pas utilisable en l’état.
  • Étape #2 : estimer et quantifier le temps total de rĂ©alisation de chacune de ces tâches en prĂ©voyant 30 Ă  60 minutes supplĂ©mentaires de marge.
  • Étape #3 : dĂ©couper ces tâches, temporellement quantifiĂ©es, en crĂ©neaux de travail de 90 Ă  120 minutes maximum.
  • Étape #4 : bloquer les crĂ©neaux horaires dĂ©diĂ©s Ă  vos engagements actuels essentiels (besoins fondamentaux, enfants, emplois salariĂ©s, tutorat …)
  • Étape #5 : rĂ©partir les crĂ©neaux de travail des tâches sur plusieurs jours en fonction de votre Ă©nergie cognitive et autour de vos temps occupĂ©s (non-ouvrĂ©s) dĂ©jĂ  planifiĂ©s.
  • Étape #6 : Ajouter un effet de rĂ©currence sur les tâches rĂ©gulières (par exemple : Ă©crire tous les 3 jours pendant 90 minutes, travailler sur un projet-client les lundis mardis et vendredis matins pendant 60 minutes, organiser une soirĂ©e networking tous les 2e mardi du mois …)
  • Étape #7 : planifier des crĂ©neaux horaires de loisir, de pause et de distraction pure chaque jour.
  • Étape #8 : dĂ©placer manuellement des tâches qui se chevauchent au fur et Ă  mesure du suivi de ce planning.
  • Étape #9 : suivre ce planning et lui faire confiance, ne pas oublier de le remplir et de le remanier chaque semaine sans tomber dans la rigiditĂ©.

Si je devais rĂ©sumer la solution Ă  la dispersion et Ă  la distraction non contrĂ´lĂ©e : la planification. C’est en sachant, Ă  l’avance, que nous nous accordons des instants de pause et de divagation. Tel le marin qui peut laisser la barre lorsque la mer est douce : nous pouvons lâcher du lest chaque jour.

Et si je devais rĂ©sumer la solution au tĂ©lĂ©travail : le planning. C’est notre force, notre bras droit, notre assistant. Il note pour nous, il nous annonce, nous alerte. Mais uniquement en fonction de notre propre rythme : celui que nous avons dĂ©fini en amont.

Bon, l’heure de la pause et de la distraction arrive pour moi.
Et vous, c’est quand ?

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