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Le Journal d'un-e Solopreneur-e

đź“’ C’est normal d’arrĂŞter. C’est normal de changer.

Ep#2 | Et si c’était normal d’avoir plusieurs vies ?

Je ne sais pas si nous avons 9 vies comme les chats. En tout cas, je suis persuadée que ce que nous appelons actuellement “notre vie”, ces 80–90 ans (ou plus) d’existence, ne sont que des successions de vies. Plus courtes, plus hétérogènes, plus nuancées.

On voit de plus en plus de personnages principaux, dans les séries et les films, âgés de plus de 35 ans, avec un passé. Un passé et un présent fractionné, changeant, où plusieurs “vies” s’entremêlent comme une chaîne plus ou moins robuste, plus ou moins lourde. Des parents divorcés qui osent retrouver l’amour ailleurs, et un amour meilleur. Des hommes et des femmes reconvertis professionnellement.

Et si ces crises existentielles : la crise d’adolescence, la crise de la vingtaine — trentaire — quarantaine — cinquantaine — soixantaine — n’étaient que l’établissement d’une nouvelle vie ?

Le mot “crise” est relatif à une frustration de trop longue durée, d’une adaptation malsaine ou déséquilibré d’une personne ou d’une entité, d’un système.

© Cyrielle Sixt

“Je ne fais de crise, je construit une nouvelle vie.”

C’est exactement ce que nous ressentons lorsque, adolescent-e-s, nous souhaitons voir d’autres choses, ne plus obéir, tester, toucher et expérimenté hors d’un cadre imposé. Dans ce contexte-ci, nous voulons goûter à la liberté au delà de la sécurité, par nous-même, nous brûler les doigts pour voir l’on ne nous a pas menti depuis tout ce temps — comme lorsque nos propres parents nous ont fait honteusement gobé que le père Noël et la petite souris existaient — et construire notre propre sécurité. C’est un signe d’émancipation, de reprise de pouvoir et de contrôle, d’une manière violente et encore mal communiquée.

Vient ensuite les crises de l’âge adulte : 20, 30, 40, 50, 60 ans ou même plus ! Elles ne sont pas obligatoires car à ces âges-là, après 18 ans, l’être humain est considéré comme responsable de ses actes et de sa propre vie. Ainsi les paramètres de crise rentrant en compte sont divers et aussi complexes que le nombre de dimensions parallèles dans Rick & Morty.

Il semble que plus les générations sont récentes et plus elles abolissent leur passé et construisent leur nouvelle vie tôt.

Crise ou envie de vivre sa propre vie ?

👵 Ainsi quelques baby-boomers ont pu, malheureusement, se rendre compte qu’ils étaient à côté d’eux-même toute la vie grâce à la Sophrologie par exemple. Je ne peux imaginer le sentiment que l’on doit avoir, à plus de 70 ans, quand on se rend compte de tout ce que l’ont aurait du et pu faire. Mais le temps est la seule chose que l’on ne peux rattraper.

👨 Nos parents de la génération X virent une vague de crises de la quarantaine et de la cinquantaine : bon pères de familles et mères miséricordieuses, étouffant dans une vie dictée par la société et les traditions, essayent de rattraper leur existence en plongeant dans une vie radicalement opposée, blessant au passage les uns et les autres qui pensaient les connaître sans réellement les avoir connu-e-s.

👩‍🦱 Quant aux Millénials de la génération Y, le retournement de vie est autour de la trentaine, lorsqu’il faut se positionner en tant qu’individu de la société. Plutôt salarié ou patron ? Plutôt créateur ou exécutant ? Plutôt famille ou ami-e-s ? Plutôt parent ou aventurier ? etc. Mais c’est encore un choix plus simple et plus éclairé que le conseil d’orientation de la 4e, vous savez lorsqu’il faut décider de notre seconde vie à 13–14 ans.

👦 Pour les Gen-Z, génération Z née avec le digital, c’est dès la fin des études (entre 18 et 25 ans) que tout se chamboule. Les questions fusent et la crise d’adolescence semble arriver ou recommencer vers la vingtaine. Nombreux sont ceux qui décident d’arrêter les études ou de se reconvertir avant même d’avoir touché au monde du travail, avant même la frustration au présent.

« Ceux qui abandonnent une liberté essentielle pour acheter un peu de sécurité temporaire ne méritent ni liberté, ni sécurité. » — Benjamin Wittes© Cyrielle Sixt

SĂ©quence Ă©motion.

À 20 ans et demi, je me suis reconvertie. Après 6 ans dans la couture et le textile, j’ai fini par me réveiller, surprise de voir à quelle vitesse la fin de ce chemin tout tracé était arrivée. Il fallait alors réfléchir, décider, se positionner, trouver du travail et gagner sa vie. Et je peux vous assurer que les bonnes notes, le bon comportement et le titre de “major de promo” n’aident personne à trouver sa voie. Mais la dead-line le peut.

Au bord du précipice où je m’étais poussée moi-même, il fallait bien apprendre à voler coûte-que-coûte. Ne serais-ce qu’essayer par instinct de survie poussé. C’est alors qu’en l’espace de 2 mois de vacances estivales j’ai trouvé ma voie, celle que j’avais pas trouvé (ou cherché ?) en l’espace de 6 ans.

Je suis une entrepreneuse, je suis digitale native, je suis une créatrice.

Au revoir la couture, cette activité est devenu un loisir apprécié — mais pas une passion — bien pratique pour quelqu’un qui aime montrer sa personnalité au travers de vêtements et d’accessoires extérieurs.

(Re)Bonjour web ! Toi qui m’a accompagné, de 2003 à 2007, pendant les 30 minutes mensuelles avec ton HTML, tes balises <marquee>, ton BBCODE, ton CSS, avec mes vieux amis VoilaMonSite.fr, Forumactif, Photoshop 7.0 et Dreamweaver.

Peut-ĂŞtre faut-il regretter ces annĂ©es perdues, peut-ĂŞtre qu’il vaut mieux arrĂŞter. MĂŞme quand cela semble du gâchis pour les autres, mĂŞme quand “dommage” sort de leurs bouches, mĂŞme lorsque cela leur fait peur.

Je l’ai fait. Maintenant je suis en mode Vie-2.0.0. Et j’espère rajouter de belles fonctionnalitĂ©s dans cette version-ci, en attendant la prochaine.

Avez-vous déjà vécu de multiples vies ?

Avez-vous déjà vécu une crise de décennie ?

Qu’est-ce que cela fait ?

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